Car maintenant c 'est bien difficile de me donner un âge , derriere ces lunettes noires et ce chapeau en feutre noir Stetson ...
Un certain 7 Avril 2004 j 'ai brûlé dans ma voiture , et c est par miracle que j'ai pu m'en extraire: je me vois encore rouler sur la route jusqu'à ce que je tombe dans un trou ...qui était une sortie d'égoût qui a pu m'éteindre.Je suis remonté sur la route sans ressortir plus de douleurs que si je venais de tomber de vélo ! Mes vêtement étaient en lambeaux, dégoulinant d'eau et de ..sang noirci , la peau me chauffant à peine moins qu'un coup de soleil (j'ai appris par la suite qu'en cas de brûlures graves, les "capteurs" de la peau qui transmettent la notion de douleur ou de plaisir sont momentanement comme "éteints" ...)
Ma voiture ne brûlant pas completement , je suis allé récupéré le maximum de choses comme des vêtements dans le coffre qui sortaient du pressing , une sacoche , les clefs , des cartes etc...Et puis les pompiers sont arrivés au moins 20/25 minutes après, et j'ai refusé de les accompagner à pieds sur une civiere vers l'ambulance qui par prudence s'était garée à une bonne centaine de mètres des flammes . Une fois dans l'ambulance , 5 personnes m' y attendaient, et on me demanda de retirer ce qu'il restait comme vêtements...Je me souviens d'un petit détail assez effrayant : les "bandes" de vêtement brûlés que j'ôtais etaient comme "tartinés" d'une pellicule epaisse grisâtre et gluante qui était ma ..peau !On me fit allongé sur un lit nu comme un vers puis on m'enroula dans une couverture d'aluminium dorée de survie .J 'étais incroyablement calme , répondant aux questions quant à mon nom et mon adresse , qui prévenir etc..En même temps je donnais des consignes que l'on ne m'égare pas ma montre , ma chaîne de cou et ma bague "3 anneaux 3 ors" ...
Je me mis subitement à avoir la plus grande soiffe de toute ma vie , mais comme je m' y attendais on me refusa de me donner à boire ...J'entendis le "téléphoniste" du véhicule dire à la radio : "demandons hélicoptère , brûlé très grave, c 'est urgent etc.." Et c 'est à ce moment là que je senti une douleur arriver de plus en plus vite , et je demandais à la seule femme du véhicule (elle etait en blanc et la "médecin-chef" ) :" s'il vous plaît Docteur , donnez-moi un médicament , je commence à avoir trop mal? " ...Et elle me répondit "je suis en train de vous faire une piqûre, vous allez vous endormir..." .Je ne me souviens pas de la fin de sa phrase que déjà j 'étais endormi...Nous étions le 7 Avril 2004 , vers 19 heures.
Je me rappele ensuite de beaucoup et beaucoup de rêves , souvent tres beaux , parfois un peu "pesants" mais jamais cauchemardesques...Jamais je n'oublierai ces rêves, souvent j'aime essayer de me replonger, souvent je me suis dit qu'il faudrait que je me les raconte dans un livre , ou que je les peigne ou dessine...: j 'etais tantôt à New -York , tantôt sous l'eau tiède de la Mediterrannée, tantôt à chercher à boire tellement j'avais soif , tantôt en croisiere sur un bâteau ou à me reposer sur une plage ...L'un de mes derniers rêves , je devais être allongé , tandis q'une infirmiere me rassurait en me disant que j 'étais bientôt guéri , tandis que la fenêtre de ma chambre était ouverte sur un bal du 14 Juillet où se mêlaient des cris joyeux d'enfants à de la musique ....et j'avais l'impression d'avoir fait un très long voyage , et que maintenant j'étais enfin arrivé dans un endroit à la fois beau et joyeux .
Quand j'ai commencé à ouvrir les yeux , je me souviens que des hommes en vert avec un masque et des lunettes noires se penchaient sur moi , dans une piece à la lumiere thamisée qui ressemblait à un "bar de nuit" , j'entendais des bruits de bouteilles , des voies basses et sur une sorte d'écran défilaient des très belles images comme provenant d'une encyclopédie, tandis qu'il y avait de la musique .On me demandait de rester calme et de ne pas bouger ? mais j'étais comme attaché , ne pouvant que difficilement tourner la tête ...Les premieres images de mon accident me revenaient , mais sans inquiétude mais étonnement je me demandais bien où je pouvais être ?
Une idée me traversait la tête à chaque fois que je me réveillais : dès que je serais seul essayer de me détacher et trouver un téléphone portable pour que l'on vienne me chercher de cet endroit bizarre, qui était un "faux hopital" mais sûrement une ...secte ! Helas quand j 'essayais de bouger , mes "gardiens" acouraient , et me sermentaient comme un gamin "veux tu être calme ? !!!"Et cette musique sans cesse m'empêchait de me rendormir facilement , de toute fraçon je me sentais très très faible ...(je me suis aperçu ensuite que toutes ces musiques provenaient de mes cd que l'on avait fait venir !)
Combien d'heures , combien de jours s'écoulerent dans cet endroit bizarre où l'on m'avait enfermé ? Et un beau jour , on me demanda si je me souvenais de ce qu'il m'était arrivé , et je dis un signe affirmatif avec la tête , car je ne pouvais pas parler gêné par une trachethomie et des tuyaux me rentrant dans le nez et autres "accessoires" compliqués autour de ma tête ! Seule mes mains , bien que bandées comme tout le corps (une vraie momie !) , pouvaient presque s'articuler , et je fis des signes pour réclamer un stylo et du papier pour écrire , ce fut laborieux mais on m'apporta celà tout en me soutenant que je serais incapable d'écrire quoi que ce soit ...Effectivement avec des efforts surhumains j 'ai essayé d'écrire les premieres lettres d'un message , et je vis aparaître des sortes de "signes" tout tordus , comme si je n'avais jamais su écrire , mes mains transmettaient au crayon des mouvement incompréhensibles !Et plusieurs fois j'ai voulu recommencer cette difficile opération , mais en vain : je ne savais plus écrire , et pourtant dans ma tête tout me paraissait de plus en plus claire , mais mon corps était comme "mort" , je n'avais plus qu'un cerveau , des yeux et des oreilles , tout le reste ayant comme "disparu" !
Puis vint le moment où je compris une question qui me trottait dans la tête : "sais-tu depuis combien de temps tu as eu ton accident ? " , péniblement avec les doigts j 'exprimais "2/3 jours? !" et à chaque nouvell avancée de mes doigts on me répondait "plus ...beaucoup plus ? " , J'eu beaucoup de mal à croire quand on m'annonça la dâte du jour , nous étions à la fin du mois ...d'Août ! Alors oui j'avais dormi tout ce temps , c 'était à peine croyable, et je me resouvenais de tous ces longs , très longs rêves...souvent très beaux .
Combien de jours passerent encore avant que l'on m'installa dans une belle chambre vitrée spécialement adaptées aux grands brûlés , donc parfaitement stérile? Tout le personnel portait des masques et des vêtement spéciaux comme si j'étais très contagieux.J 'etais allongé sur un matelas"flottant" c 'est à dire qu'il était rempli d'eau , je ne souffrais pas , mais je pouvais à peine bouger comme paralysé , la tête sans oreiller les yeux surtout fixés au plafond ou regardant de côté une frande fenêtre donnant sur une sorte de forêt ! Je me souviens avoir comme fidele compagnon un immense portant métalique sur lequel était suspendu une multitude d'intruments : récipients , compteurset d'où partaient divers câbles et tuyaux raccordés à mon corps .Je me souviens d'un doigtier noir fixé à l'un de mes doigts et qui régulierement se détachait : c 'est alors qu'une alarme se déclanchait et rameutait les infirmieres : je mis du temps à comprendre que ce doigtier servait à prendre en permanence mon pouls .Je crois aussi que pendant quelques jours j 'étais encore sous une assistance respiratoire , c 'etait tres agreable car devoir respirer tout seul me paraissait ...vraiment tres fatigant , la machine le faisant très bien à ma place ! Mais je me faisais gronder "allons il faut respi-rer , s'il vous plaît" . Et celà m'agaçait car c 'était épuisant .

